Devenir indépendant : votre plan d’action
Un freelance est un entrepreneur indépendant, sans personnel, qui propose temporairement ses propres services à un client, sans être lié à ce dernier par un contrat de travail. Les principaux aspects de cette définition sont les suivants :
En tant qu’indépendant, vous exercez votre activité soit à titre complémentaire, soit à titre principal. Vous convenez avec votre client du lieu d’exécution de la mission : à domicile, dans votre propre bureau ou dans les locaux de l’entreprise cliente. Vous fixez également vos horaires et vos tarifs.
Un indépendant travaille seul. Si un projet requiert d’autres compétences, le client recherchera ces expertises dans son effectif ou fera appel à d’autres freelances pour compléter l’équipe. Il arrive aussi que des freelances collaborent avec leur propre réseau afin de mener un projet à bien.
Un indépendant loue ses compétences à toute personne en ayant besoin. Vous en trouverez dans de nombreux secteurs : rédacteurs, photographes, graphistes, mais aussi pâtissiers ou organisateurs de mariages.
Ce client est généralement une entreprise, mais il peut également s’agir d’un autre freelance ou d’un particulier. Très souvent, un indépendant intervient pour un projet spécifique et temporaire. Cela peut représenter quelques jours par semaine ou aboutir à des contrats annuels à temps plein. Parfois, la collaboration se limite à un projet unique, parfois le client sollicite le freelance pour plusieurs missions.
La plupart des freelances gèrent plusieurs clients et donc plusieurs projets simultanément. La gestion de la charge de travail devient alors une compétence essentielle à maîtriser.
Liberté, flexibilité, diversité… Ce sont les principaux avantages du statut d’indépendant. Vous déterminez votre propre rythme de travail, le lieu d’exécution de la mission et vos tarifs. Vous choisissez vos projets, un ou plusieurs simultanément, et en théorie vos revenus n’ont pas de plafond.
Travailler en freelance vous oblige également à être polyvalent. Vous devez apprendre à décrocher des missions, à coordonner des projets, à gérer votre temps et à communiquer avec clarté. L’indépendant doit porter de nombreuses casquettes.
Tous ces avantages comportent aussi des inconvénients. Vos revenus ne sont jamais garantis. Même si vos prix sont très compétitifs, et que vos compétences sont largement développées, si vous ne trouvez pas de missions, vous ne pouvez pas facturer.
Par ailleurs, votre travail ne s’arrête pas lorsque vous avez terminé vos missions pour vos clients. La gestion administrative, la comptabilité, le marketing… Il vous appartient également de gérer ces aspects pour garantir votre succès à long terme. A moins de déléguer ces tâches à d’autres entrepreneurs, vous travaillez le plus souvent seul. Pour certains, cela peut engendrer un sentiment de solitude.
Bien que le statut d’indépendant ait été valorisé ces dernières années, il subsiste des différences majeures. Celles-ci se situent principalement au niveau de la protection sociale, qui est étendue pour un salarié. Un freelance doit, quant à lui, s'en charger lui-même.
Salarié | Indépendant | |
Maladie | Remboursement des soins médicaux | Remboursement des soins médicaux |
Incapacité de travail | Dès le début + Adapté au salaire brut | À partir du 2e mois + Montant identique pour chaque indépendant |
Accident de travail | Couvert par l’assurance de l’employeur ou le fonds des maladies professionnelles + Frais médicaux remboursés | Indemnité via l’assurance incapacité de travail |
Congé de maternité | 15 semaines + Intervention de la mutualité | 12 semaines + Indemnité via la mutualité + Titres-services gratuits |
Congé de naissance pères/copare nts | 20 jours à prendre dans les 4 mois suivant la naissance. Via la mutualité. | 20 jours ou 40 demi-journées à prendre dans les 4 mois suivant la naissance. Via la caisse d’assurances sociales. |
Congé parental | Indemnités via l’ONEM. Maximum 4 mois pour une interruption complète, maximum 8 mois pour une interruption à mi-temps, maximum 20 mois pour une interruption d’1/5, ou maximum 40 mois pour une interruption d’1/10. | Non applicable. |
Allocations familiales | Alignées | Alignées |
Vacances | Au moins 20 jours de congé + Double pécule de vacances | Pas de salaire, pas de revenu |
Chômage | Allocation de chô | / |
Pension | En moyenne 40 % plus élevé | ension faible, à compléter par PLCI et EIP/CPTI |
Impôts | Impôt des personnes physiques + Taxe provinciale + Taxe communale | Impôt des personnes physiques + Déclarations de TVA + Impôt des sociétés + Taxe provinciale + Taxe communale |
En ce qui concerne le remboursement des soins médicaux, y compris les interventions chirurgicales, il existe peu de différences. C’est surtout en cas d’incapacité de travail que les salariés sont clairement avantagés. Les employés reçoivent un salaire complet de leur employeur pendant le premier mois, puis une indemnité de la mutualité basée sur leur salaire brut, éventuellement complétée par une assurance groupe.
Les indépendants ne perçoivent une indemnité qu’à partir du deuxième mois d’incapacité de travail, et celle-ci est identique pour tous. Pour maintenir votre niveau de revenu, il est conseillé de souscrire une assurance revenu garanti, qui vous versera un complément à l’indemnité de la mutualité.
Les salariés bénéficient également d’une meilleure protection en cas d’accident de travail. Ils peuvent compter sur l’assurance de leur employeur ou sur le Fonds des Maladies Professionnelles. Tous les frais médicaux sont remboursés.
L’indépendant dépend de l’assurance incapacité de travail standard de sa mutualité. Souscrire des assurances complémentaires implique des primes supplémentaires.
Le congé de maternité est de 12 semaines pour les indépendantes et de 15 semaines pour les salariées. Les entrepreneuses reçoivent, tout comme les salariées, une indemnité de la mutualité. De plus, les indépendantes bénéficient de titres-services gratuits via leur caisse d’assurances sociales.
Depuis 2017, les indépendantes ne doivent plus s’acquitter de la cotisation trimestrielle pour la période postnatale. Les droits pour le trimestre sont toutefois maintenus.
Les pères et coparents ont droit à 20 jours de congé de naissance à prendre dans les 4 mois après la naissance de leur enfant. Les indépendants peuvent opter pour 40 demi-journées. Pour les salariés, l’indemnité est versée par la mutualité ; pour les indépendants, par la caisse d’assurances sociales.
Le congé parental est uniquement destiné aux salariés. L’ONEM verse les indemnités et propose quatre régimes :
- Interruption complète : congé parental de maximum 4 mois.
- Interruption à mi-temps : congé parental de maximum 8 mois.
- Interruption d’1/5 : congé parental de maximum 20 mois.
- Interruption d’1/10 : congé parental de maximum 40 mois.
Depuis 2014, il n’y a plus de différence entre indépendants et salariés. Cela concerne le montant de base, le « Groepakket » et la prime d’adoption.
En tant qu’indépendant, vous ne percevez aucun revenu lorsque vous ne travaillez pas. Les salariés bénéficient d’au moins 20 jours de congé s’ils ont travaillé toute l’année précédente, ainsi que du double pécule de vacances annuel.
En cas de perte d’emploi, le salarié bénéficie généralement d’une allocation de chômage. Le montant dépend de la situation familiale, de la durée du chômage et du dernier salaire.
L’indépendant n’a pas droit au chômage. Dans des cas exceptionnels, les indépendants qui cessent leur activité et qui ont suffisamment travaillé auparavant comme salariés peuvent prétendre à des allocations de chômage.
La pension des salariés est en moyenne 40 % plus élevée que celle des indépendants. Il est donc conseillé de constituer un capital complémentaire, par exemple via une PLCI (Pension Libre Complémentaire pour Indépendants), une EIP (Engagement Individuel de Pension) ou une CPTI (Convention de Pension pour Travailleurs Indépendants).
En tant qu’indépendant, vous payez non seulement des impôts en tant que personne physique, mais votre entreprise est également soumise à l’impôt. Pour une entreprise individuelle, les revenus issus de l’activité indépendante sont intégrés à l’impôt des personnes physiques. Les sociétés paient l’impôt des sociétés sur le bénéfice. Vous êtes également tenu de reverser la TVA chaque trimestre à l’État, sauf si vous en êtes exempté.
L’entreprise paie également (selon le siège social) la taxe provinciale et la taxe communale. Bref, de nombreux impôts à prendre en compte et à anticiper.
Les salariés doivent principalement tenir compte de l’impôt des personnes physiques. Selon leur lieu de résidence, s’ajoutent également la taxe communale et la taxe provinciale.
Avez-vous bien pesé les avantages et inconvénients ? Êtes-vous résolu à devenir indépendant ? Parfait. Il est temps de passer à la pratique, en commençant par délimiter vos activités.
Concentrez-vous sur vos points forts et vos centres d’intérêt. Dans quoi excellez-vous ? Qu’aimez-vous faire ? Dans quels domaines avez-vous de l’expérience ?
Il est tout aussi important d’analyser le marché. Existe-t-il une demande pour vos services ? Qui a besoin de ce que vous proposez ? Quels concurrents sont déjà actifs ?
Vous pouvez débuter en tant qu’activité complémentaire pour tester si l’entrepreneuriat vous convient. Vous exercez alors cette activité en plus de votre emploi principal. Vous bénéficiez ainsi de plus de sécurité de revenu et de la protection sociale complète. Cela vous laisse le temps de développer votre réseau, de constituer un portfolio et d’acquérir de l’expérience.
Si vous choisissez de vous lancer comme freelance à titre principal, vous devrez immédiatement générer des revenus suffisants pour couvrir vos coûts et vous assurer une rémunération. Vous construirez également progressivement votre réseau et enrichirez votre portfolio. N’oubliez pas non plus de calculer vos tarifs de manière rationnelle, de tenir votre comptabilité à jour et de souscrire les assurances nécessaires.
Une fois que vous avez défini les services que vous proposerez, il vous reste à fixer un prix. Il s’agit d’une étape cruciale, à réfléchir et à calculer soigneusement. Il s’agit d’être à la fois compétitif et rentable. Avant tout, vos tarifs doivent couvrir vos frais. En y ajoutant une marge, vous vous assurez une rentabilité suffisante.
Certains freelances optent pour un tarif horaire, d’autres pour un tarif journalier. Les tarifs au projet gagnent également en popularité. Quoi que vous choisissiez, l’optimisation de vos tarifs est essentielle. Il convient d’éviter des prix trop élevés ou trop bas.
En tant que débutant, il peut être difficile de négocier un budget avec les clients. Ne vous focalisez donc pas uniquement sur vos prix. Mettez en avant votre valeur ajoutée : cela contribuera à façonner la perception de votre travail et de votre valeur auprès de vos clients potentiels.
Veillez également à établir des conditions générales claires. Précisezy vos modalités de paiement, délais de livraison, droits éventuels sur votre travail, etc. Cela facilite la formalisation des accords et prévient les malentendus ou litiges.
Plus rien ne vous retient pour vous lancer officiellement. Vous connaissez votre offre et avez fixé un prix réaliste et rentable. Il reste à choisir la forme d’entreprise la plus adaptée à vos projets à court et à long terme. Souhaitez-vous débuter en personne physique ? Ou une société s’impose-t-elle ?
Renseignez-vous sur les différences entre l’entreprise individuelle et la société. Les aspects fiscaux, juridiques, de gestion et de comptabilité diffèrent fortement. Demandez-vous notamment si :
- vous souhaitez une responsabilité illimitée ou limitée.
- des possibilités d’optimisation fiscale sont nécessaires.
- vous désirez apporter un capital de départ ou non.
Les réponses à ces questions vous guideront vers la forme d’entreprise idéale pour vos projets freelance. Que vous optiez pour une entreprise individuelle ou une société, vous devrez suivre ces étapes :
- Inscription à la Banque-Carrefour des Entreprises.
- Affiliation à une caisse d’assurances sociales.
- Obtention de votre numéro d’entreprise.
- Activation de votre numéro de TVA.
- Ouverture d’un compte bancaire professionnel. Ce n’est pas toujours obligatoire, mais vivement recommandé.
Sauf si vous choisissez une forme juridique telle qu’une SRL, ce sont les principales étapes à suivre. Les formes juridiques plus complexes (SRL ou SA) requièrent des démarches supplémentaires telles que l’élaboration d’un plan financier, l’apport de capital de départ et l’établissement d’un acte notarié.
La forme d’entreprise la plus simple est l’entreprise individuelle. Les démarches administratives pour la créer sont limitées, vous pouvez tout gérer vous-même, et la comptabilité est simplifiée. Tout ce que vous gagnez comme dirigeant d’entreprise individuelle est ajouté à vos autres revenus et soumis à l’impôt des personnes physiques.
Si le chiffre d’affaires annuel de votre entreprise est inférieur à 25 000 €, vous pouvez bénéficier d’une exonération de TVA. Un numéro de TVA reste requis, mais vous n’êtes pas tenu de déposer des déclarations trimestrielles.
Les sociétés sont plus complexes et coûteuses à constituer. Certaines nécessitent un acte notarié, un plan financier étayé et un capital de départ. Les SRL et SA peuvent théoriquement être créées seul, alors que les SNC ou sociétés simples requièrent des associés.
Pour une SNC ou une société simple, une comptabilité simplifiée suffit, mais pour une SA ou une SRL, une comptabilité en partie double est obligatoire. L’impôt des sociétés sur le bénéfice offre néanmoins des possibilités d’optimisation fiscale.
La plupart des sociétés doivent également déposer des déclarations de TVA chaque trimestre, voire chaque mois dans certains cas. Si vous souhaitez distribuer un dividende aux actionnaires, cela passe aussi par le fisc.
Les assurances constituent un poste de coûts important pour les freelances. Comme vous travaillez seul et que vos revenus dépendent de vos prestations, il est essentiel de vous protéger contre les risques, notamment la maladie ou l’incapacité de travail.
En principe, une seule assurance est obligatoire : l’affiliation à une caisse d’assurances sociales. Vous payez une cotisation sociale chaque trimestre, que vous soyez freelance à titre principal ou complémentaire. Cette couverture vous donne droit à des indemnités en cas de maladie ou d’invalidité, aux allocations familiales et à une pension légale.
Il existe également des assurances complémentaires intéressantes, telles que :
- Assurance hospitalisation : couvre davantage de frais que la mutualité en cas d’intervention chirurgicale ou d’hospitalisation.
- Assurance responsabilité professionnelle : vous protège contre les réclamations des clients en cas d’erreur ou de négligence.
- Assurance protection juridique : vous assiste en cas de litige.
- PLCI : complète votre pension légale. EIP ou CPTI : correspond à une assurance groupe pour les sociétés EIP) et pour les entreprises individuelles (CPTI) respectivement.
Échangez avec votre assureur pour définir des conditions générales solides et déterminer les assurances nécessaires pour vous protéger contre les risques courants. Votre assureur pourra également vous conseiller sur les solutions complémentaires (PLCI, EIP, CPTI) et les primes associées.
Votre entreprise est officiellement créée et vous êtes bien protégé : il est temps de décrocher votre premier projet. Pour cela, un réseau et un portfolio (en ligne) sont des atouts précieux. Faire connaître votre nom et votre travail est une étape clé.
Un portfolio présente vos (meilleures) réalisations à vos clients potentiels. Il met en avant vos compétences, votre expérience et votre style. Ajoutez-y des avis de clients satisfaits pour faire bonne impression. C’est une excellente manière de trouver vos premiers clients.
Le réseautage et le marketing (notamment digital) sont également essentiels pour un freelance. C’est un excellent moyen de vous positionner sur le marché, que ce soit lors d’événements professionnels ou en ligne via les réseaux sociaux. LinkedIn, par exemple, est la plateforme idéale pour rencontrer d’autres entrepreneurs, freelances et concurrents.
Il existe aussi des plateformes en ligne dédiées aux freelances et aux donneurs d’ordre. Vous y créez un profil pour mettre en avant vos talents, tandis que les clients y publient leurs projets nécessitant des expertises spécifiques.
Bien que le freelancing offre de nombreux avantages, il convient d’évaluer si les inconvénients ne sont pas trop importants pour vous. N’oubliez pas que le travail salarié apporte sécurité financière et protection sociale. En tant qu’indépendant, vous devez assumer vous-même de nombreuses responsabilités.
Cela étant dit, il s’agit d’une formidable opportunité de vous épanouir dans ce que vous faites de mieux, de choisir votre rythme et de tirer satisfaction de votre activité. Désormais, vous détenez toutes les clés pour donner un nouvel élan à votre carrière. Nous vous souhaitons de réussir ce que vous entreprendrez !
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